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Le pouls du marché

Les régions qui manquent le plus de bras cet automne

Par · Publié le · 6 min de lecture

Paysage des Laurentides à l'automne, avec des collines boisées.

Fin octobre, un lundi matin. Dans les Laurentides, une petite entreprise d'entretien ménager vient de signer trois nouveaux clients et cherche qui va y aller. Au même moment, à Montréal, quelqu'un qui sait très bien faire ce travail envoie sa dixième candidature de la semaine. Le travail et les bras existent, mais pas toujours au même endroit. Voici où ça presse le plus cet automne, chiffres officiels à l'appui, et quoi faire de cette information.

Ce que disent les derniers chiffres officiels

Les données les plus récentes sur les postes vacants viennent de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). Elles portent sur le deuxième trimestre de 2026 et ont été publiées en septembre. Au Québec, on comptait environ 123 700 postes vacants, presque autant qu'un an plus tôt. Le taux de postes vacants est resté à 3,1 %, le même que dans l'ensemble du Canada.

Deux détails intéressent directement les métiers de services. Les postes vacants qui demandent un secondaire ou moins ont augmenté d'environ 3 700 en un an. Et ceux qui exigent moins d'un an d'expérience ont augmenté d'environ 3 200. Autrement dit, les employeurs cherchent de plus en plus des gens qu'ils peuvent former sur le tas. La rémunération horaire moyenne offerte pour ces postes était d'environ 28,60 $.

À faire tout de suite : si tu n'as pas de diplôme dans ton métier, arrête de te sous-estimer. Écris dans ton profil ce que tu sais faire, concrètement, et que tu apprends vite.

Les régions où les bras manquent le plus

Pour savoir où ça presse, il faut regarder deux choses ensemble : la proportion de postes qui restent vacants et le nombre de personnes qui cherchent un emploi. Là où il y a beaucoup de postes ouverts et peu de chômeurs, les employeurs ont du mal à recruter. Et un travailleur a plus de choix.

  • Abitibi-Témiscamingue : le taux de postes vacants le plus élevé du Québec au deuxième trimestre (4,6 %), en hausse d'environ 0,6 point en un an, avec un taux de chômage de 2,7 %.
  • Laurentides : le nombre de postes vacants a grimpé de près de 19 % en un an et le taux a augmenté d'environ 0,5 point. Avec le Bas-Saint-Laurent, c'est la seule région où le nombre de postes vacants a augmenté de façon statistiquement significative.
  • Bas-Saint-Laurent : environ 28 % de postes vacants de plus qu'un an plus tôt, la plus forte hausse significative au Québec.
  • Chaudière-Appalaches : le taux de chômage le plus bas du Québec, à 2,3 %.
  • Lanaudière, Estrie et Centre-du-Québec : des taux de chômage sous les 4 %.

Voici les taux de chômage par région publiés par l'ISQ en octobre (moyennes mobiles de trois mois, désaisonnalisées). L'ISQ rappelle de les lire avec prudence, parce que les estimations régionales sont plus fragiles que le chiffre provincial.

Région administrativeTaux de chômage (juillet à septembre 2026)
Chaudière-Appalaches2,3 %
Abitibi-Témiscamingue2,7 %
Côte-Nord et Nord-du-Québec2,7 %
Lanaudière3,4 %
Estrie3,8 %
Centre-du-Québec3,9 %
Saguenay–Lac-Saint-Jean4,0 %
Montérégie4,7 %
Capitale-Nationale4,8 %
Laurentides5,2 %
Mauricie5,3 %
Bas-Saint-Laurent5,8 %
Outaouais5,9 %
Laval7,1 %
Montréal8,6 %
Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine12,3 %
Ensemble du Québec5,7 %

À faire tout de suite : repère ta région dans le tableau. Si elle est en haut de la liste, tu es en position de force pour discuter d'horaire et de salaire.

Là où il y a plus de monde que de postes

À l'autre bout, Montréal a le taux de postes vacants le plus bas du Québec (2,6 %) et un taux de chômage de 8,6 %. Attention, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'ouvrage : avec environ 33 500 postes vacants, Montréal en compte plus que toute autre région. Simplement, il y a plus de candidats pour chacun. Laval, à 7,1 % de chômage, est dans une situation semblable.

En Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, le taux de chômage est passé de 7,9 % en juin à 12,3 % en septembre. C'est la région qui compte le moins de postes vacants, un peu moins de 1 300. Si tu y vis et que tu es mobile, les régions voisines ou les contrats saisonniers ailleurs peuvent valoir le coup d'œil.

La leçon est simple : le volume d'offres et la difficulté à recruter, ce n'est pas la même chose. Un travailleur de Laval qui accepte de faire 30 minutes de route vers les Laurentides ou Lanaudière change complètement son rapport de force. Prévois juste un bon balado pour la route.

À faire tout de suite : regarde ton rayon de déplacement dans ton profil. L'élargir de 15 ou 20 km peut faire apparaître des offres que tu ne voyais pas.

Secteur par secteur : où ça bouge

Les chiffres de l'ISQ sont classés par industrie, pas par métier. Ils donnent quand même de bons indices. Près de 55 % des postes vacants se trouvent dans quatre industries : les soins de santé et l'assistance sociale (environ 26 900), la fabrication (14 900), le commerce de détail (13 200) et l'hébergement et la restauration (12 700).

Ce qui a bougé en un an :

  • Commerce de détail : environ 2 200 postes vacants de plus (+20 %). Si le commerce t'intéresse pour l'hiver, lis Emplois temporaires des Fêtes : où chercher et quoi vérifier avant d'accepter.
  • Fabrication : environ 1 600 de plus (+12 %).
  • Soins de santé et assistance sociale : environ 4 300 de moins (-14 %), mais ça reste de loin l'industrie qui compte le plus de postes vacants. Le soutien à domicile en fait partie.

Pour les métiers de services, l'automne a aussi sa propre logique. Les entreprises de déneigement montent leurs équipes avant la première neige (Déneigement : la course aux équipes avant la première neige). L'entretien ménager et la rénovation intérieure prennent le relais des travaux extérieurs. Pour le portrait complet des métiers qui embauchent de novembre à mars, lis le guide Emplois d'hiver au Québec : les métiers qui embauchent de novembre à mars.

À faire tout de suite : si tu travailles dehors l'été, choisis maintenant ton métier d'hiver et ajoute-le à ton profil, avant que les équipes soient complètes.

Ce que GPP Emploi te montre en direct

Les statistiques officielles ont un défaut : elles arrivent quelques mois après les faits. GPP Emploi est relié à GPP Central, où des clients demandent chaque jour des services à des entreprises. La page d'accueil de GPP Emploi affiche en direct, dans « Ce que personne d'autre ne voit », les demandes prises par métier et par région. C'est le meilleur indice de l'ouvrage qui s'en vient près de chez toi.

Pour aller plus loin, la page régions te mène à chacune des 17 régions du Québec, comme les Laurentides ou Lanaudière. Côté employeur, le signal Central (facultatif) montre aussitôt les travailleurs disponibles près de l'entreprise quand elle prend plus de demandes que d'habitude.

À faire tout de suite : ouvre la page d'accueil et regarde quels métiers ressortent dans ta région cette semaine.

Le mot de la fin

Les bras manquent surtout en Abitibi-Témiscamingue, en Chaudière-Appalaches et, de plus en plus, dans les Laurentides. Si tu peux élargir ton rayon de quelques kilomètres vers ces régions, fais-le maintenant : c'est souvent le geste le plus payant de l'automne.

Questions fréquentes

Quelle région du Québec manque le plus de main-d'œuvre ?

Au deuxième trimestre de 2026, l'Abitibi-Témiscamingue avait le taux de postes vacants le plus élevé du Québec, à 4,6 %, selon l'ISQ. Chaudière-Appalaches avait le taux de chômage le plus bas en septembre 2026, à 2,3 %. Les Laurentides ont connu une des plus fortes hausses de postes vacants en un an.

Quel est le taux de postes vacants au Québec en 2026 ?

Selon l'ISQ, il était de 3,1 % au deuxième trimestre de 2026, comme un an plus tôt. Cela représentait environ 123 700 postes vacants. Le taux variait de 2,6 % à Montréal à 4,6 % en Abitibi-Témiscamingue.

Quels secteurs ont le plus de postes vacants au Québec ?

Les soins de santé et l'assistance sociale en comptaient environ 26 900 au deuxième trimestre de 2026. Suivaient la fabrication, le commerce de détail et l'hébergement et la restauration. Ensemble, ces quatre industries regroupaient près de 55 % des postes vacants.

La pénurie de main-d'œuvre est-elle terminée au Québec ?

Non, mais elle s'est stabilisée : le nombre de postes vacants est resté à peu près le même entre 2025 et 2026. La situation varie beaucoup selon la région et le métier. Dans certaines régions, comme les Laurentides et l'Abitibi-Témiscamingue, la tension a même augmenté.

Sources

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