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Embaucher et garder

Rédiger une offre d'emploi qui attire des candidats (et qui respecte la loi)

Par · Publié le · 8 min de lecture

Un employeur debout sur un chantier, qui consulte ses notes

Lundi, 7 h. Ton offre de préposé à l'entretien ménager est en ligne depuis dix jours, et tu as reçu trois candidatures : une personne qui habite à 200 km, une autre qui demande combien ça paie, et ton beau-frère. Le problème n'est pas seulement la pénurie : c'est souvent l'offre elle-même. Voici comment rédiger une offre d'emploi qui répond d'avance aux vraies questions, qui donne envie de postuler et qui respecte la Charte.

Ce que les travailleurs lisent en premier

Un travailleur des métiers de services lit ton offre sur son cellulaire, souvent dans son camion, entre deux contrats. Il cherche trois réponses, dans cet ordre : combien, quand, où. Si elles ne sont pas en haut, il passe à l'offre suivante. Ton paragraphe sur la mission de l'entreprise, il le lira peut-être plus tard. Peut-être.

Mets donc ces renseignements dans les cinq premières lignes, en chiffres plutôt qu'en adjectifs :

  • Le salaire : un taux horaire ou une fourchette précise, plus les primes (nuit, pourboires, kilométrage).
  • L'horaire : « du lundi au vendredi, de 7 h à 15 h 30 » vaut mille fois « horaire flexible ». En déneigement, dis-le franchement : sur appel, de nuit, pendant les tempêtes.
  • Le lieu : la ville ou le secteur, et si un véhicule est fourni.
  • La durée : permanent ou saisonnier, temps plein ou partiel.

Le salaire, surtout, ne se cache pas. Dans ses conseils aux employeurs, le gouvernement du Québec le dit sans détour : plus tes critères de sélection sont élevés, plus la rémunération proposée doit être intéressante. Pour l'ensemble de ta stratégie, lis aussi notre guide pour recruter en pénurie de main-d'œuvre.

À faire tout de suite : vérifie que le salaire, l'horaire et le lieu de ton offre apparaissent avant la dixième ligne. Sinon, remonte-les.

Un titre clair et des tâches qu'on peut s'imaginer faire

Le titre, c'est ce que les gens tapent dans la barre de recherche. « Préposé ou préposée à l'entretien ménager résidentiel » sera trouvé. « Ninja de la propreté » fera sourire, puis disparaîtra au fond des résultats. Québec.ca donne le même conseil : un titre précis que tout le monde comprend. Écris-le au masculin et au féminin pour que personne ne se sente écarté d'avance.

Ensuite, décris une vraie journée. Pas « entretien général », mais « trois ou quatre maisons par jour, en équipe de deux, produits fournis : salles de bain, cuisines, planchers ». Pour un manœuvre en aménagement paysager : « pose de tourbe et de pavé uni, tonte, transport de matériaux ». La personne doit pouvoir se voir dedans et décider seule si c'est pour elle.

Sépare aussi les exigences des atouts. Une exigence, c'est ce sans quoi le travail ne peut pas se faire : un permis de conduire si la personne conduit le camion, la carte exigée sur le chantier. Le reste (expérience avec une souffleuse, connaissance des vivaces) va dans les atouts. Chaque exigence de trop te fait perdre des gens qui auraient très bien fait l'affaire.

À faire tout de suite : garde trois exigences au maximum. Pour chacune, demande-toi : « Quelqu'un pourrait-il faire le travail sans ça? » Si oui, c'est un atout.

Les mots qui font fuir

Certaines formules reviennent dans des milliers d'offres et ne disent rien. Les travailleurs d'expérience ont appris à les décoder. « Disponible en tout temps » se lit « tu n'auras plus de vie ». « Salaire compétitif » se lit « on a honte du chiffre ». Et non, « on est comme une famille » n'est pas un avantage social si la paie arrive en retard.

À éviterÀ écrire plutôt
Salaire compétitifLe taux horaire réel, et quand il est révisé
Disponible en tout temps« Sur appel les nuits de tempête, de novembre à avril »
Jeune équipe dynamique« Équipe de six, chef d'équipe sur place » (« jeune » touche à l'âge, un motif protégé)
Bonne forme physique exigée« Soulever des sacs de terre de 25 kg plusieurs fois par jour »

Surveille aussi le ton. Une offre en majuscules, pleine de « OBLIGATOIRE » et de « SVP ne pas postuler si… », donne l'image d'un patron qui crie. Une ligne sur ce que tu fournis de concret (vêtements d'hiver, heures garanties, camion chauffé) fait plus d'effet qu'un paragraphe de superlatifs.

À faire tout de suite : cherche dans ton offre « compétitif », « dynamique », « polyvalent » et « en tout temps ». Remplace chacun par un fait vérifiable.

Ce que la loi interdit dans une offre (et ce qu'elle permet)

Au Québec, la Charte des droits et libertés de la personne encadre l'embauche. L'article 16 interdit la discrimination dans l'embauche, et l'article 11 interdit de publier un avis qui comporte de la discrimination : ton offre est visée. L'article 18.1 interdit aussi de demander, dans un formulaire ou en entrevue, des renseignements sur les motifs protégés de l'article 10 : la race, la couleur, le sexe, l'identité ou l'expression de genre, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge (sauf dans la mesure prévue par la loi), la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale et le handicap. Ton offre ne devrait donc jamais contenir :

  • « Homme fort recherché » ou « idéal pour étudiante » (sexe, âge, condition sociale) ;
  • une tranche d'âge, une date de naissance ou une demande de photo ;
  • l'état civil, le nombre d'enfants ou une question sur une grossesse ;
  • des questions générales sur la santé : la CDPDJ précise qu'elles relèvent du motif handicap.

La Charte permet par contre d'exiger les aptitudes ou qualités qu'un emploi requiert vraiment (article 20) : un permis de conduire pour conduire le camion, la capacité de soulever des charges précises. Le test est simple : le critère décrit-il le travail, ou la personne? L'article 18.2 protège aussi la personne qui a un casier judiciaire pour une infraction sans lien avec l'emploi, ou pour laquelle elle a obtenu un pardon.

Côté langue, l'offre doit être offerte en français. Une version anglaise est permise si la version française est diffusée en même temps, par un moyen de même nature. Exiger une autre langue n'est permis que si la nature du travail l'exige et que tu as pris les moyens raisonnables pour l'éviter ; selon Éducaloi, l'offre doit alors dire pourquoi. Et le salaire doit respecter le minimum : 16,60 $ l'heure au taux général depuis le 1er mai 2026 (13,30 $ au pourboire). Ce que ce taux couvre : Le salaire minimum au Québec : ce qu'il couvre et ce qu'il ne couvre pas.

C'est de l'information générale, pas un avis juridique : pour un cas précis, consulte la CDPDJ, l'Office québécois de la langue française ou la CNESST. À faire tout de suite : relis chaque critère avec la question « travail ou personne? » et efface ceux qui visent la personne.

Un modèle à copier pour les métiers de services

Cette structure fonctionne autant en entretien ménager qu'en déneigement ou en peinture. Remplace ce qui est entre crochets par tes vrais chiffres, et garde l'ordre : combien, quand, où d'abord.

[Titre du métier au masculin et au féminin] – [permanent ou saisonnier, temps plein ou partiel] – [ville ou secteur]

Salaire : [taux horaire réel] $ de l'heure + [primes].

Horaire : [jours et heures] ; [heures garanties] ; [sur appel : quand, avec quel avis].

Lieu : [départ de la cour ou chez les clients du secteur] ; [véhicule fourni ou non].

Ta journée : [3 à 5 tâches concrètes, avec le volume].

Exigences : [au plus 3, toutes liées au travail].

Atouts et ce qu'on fournit : [expérience utile ; vêtements, outils, formation].

Pour postuler : [comment, et dans quel délai tu réponds].

Exemple en déneigement : « Opérateur ou opératrice de souffleuse – saisonnier, de novembre à avril – Saint-Jérôme. [Ton taux] $ de l'heure, prime de nuit. Sur appel pendant les tempêtes, avis par texto la veille. Tracteur fourni. Exigences : permis de conduire valide, disponibilité de nuit. Atout : expérience sur souffleuse. Manteau et gants fournis. » Personne ne se demande si c'est pour lui ou pour elle : c'est écrit.

À faire tout de suite : remplis le modèle pour ton poste le plus difficile à combler et fais-le lire à un de tes employés. S'il a une question, la réponse manque dans l'offre.

Publier, puis répondre vite

Sur GPP Emploi, publier une offre est gratuit. Choisis « Offre d'emploi » si tu embauches un salarié dont tu encadres l'horaire et le travail, ou « Demande de soumission » si tu veux un résultat livré par un travailleur autonome qui fixe son prix. Chaque offre est vérifiée automatiquement avant publication (salaire minimum, critères discriminatoires, signes d'arnaque) et reste en ligne 45 jours. Tout est expliqué sur la page des employeurs, et tu peux créer ton compte employeur en quelques minutes.

Remplis bien chaque champ : le score de correspondance compare le métier, le lieu, les disponibilités, les cartes, la rémunération et les langues de travail, rien d'autre. Tu paies seulement au résultat, quand un contact est accepté : en général 2 crédits, soit 50 $, selon le métier et la région (voir les tarifs). Et réponds : après 14 jours sans réponse, la candidature se ferme toute seule et ton délai de réponse s'affiche publiquement sur tes offres. Pourquoi chaque journée compte : Répondre vite aux candidats : pourquoi 48 heures changent tout.

À faire tout de suite : bloque dix minutes par jour à ton agenda pour répondre aux candidatures, même par un simple « merci, on te revient vendredi ».

Le mot de la fin

Avant de publier, relis ton offre sur ton cellulaire, comme si tu étais le candidat, debout dans l'entrée d'un client. Si tu sais en dix secondes combien, quand et où, elle est prête.

Questions fréquentes

Que doit contenir une offre d'emploi au Québec?

Un titre précis, le salaire, l'horaire, le lieu, la durée, les tâches principales, les exigences liées au travail et une courte présentation de l'entreprise. Québec.ca rappelle aussi que l'offre doit être non discriminatoire.

Peut-on demander l'âge ou une photo dans une offre d'emploi?

Non, pas comme critère. L'âge est un motif protégé par l'article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne, et l'article 18.1 interdit de demander des renseignements sur ces motifs. Une photo en révèle plusieurs, alors mieux vaut ne pas en demander.

Peut-on exiger l'anglais dans une offre d'emploi au Québec?

Seulement si la nature du travail l'exige et que l'employeur a pris les moyens raisonnables pour éviter cette exigence. L'offre doit être offerte en français. Pour un cas précis, l'Office québécois de la langue française peut te renseigner.

Peut-on refuser un candidat qui a un casier judiciaire?

L'article 18.2 de la Charte interdit de refuser d'embaucher une personne seulement parce qu'elle a été déclarée coupable d'une infraction sans lien avec l'emploi, ou pour laquelle elle a obtenu un pardon. Pour un cas précis, renseigne-toi auprès de la CDPDJ.

Combien de temps une offre reste-t-elle en ligne sur GPP Emploi?

Une offre dure 45 jours, et sa publication est gratuite. Tu paies seulement quand un contact est accepté.

Sources

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